Commerces de Waterloo - Magasins de Waterloo

,
Vous êtes ici : Waterloo > Interview Alveus ou les funérailles autrement ...

Interview Alveus ou les funérailles autrement ...

24A, rue de Thisnes - 4280 - Hannut
++32 (0) 496 50 81 76
www.alveus.be
info@alveus.be
   
Imprimer cette page

Descriptif :

Waterloo-Way a rencontré Claudine De Coster à la tête d'Alveus, une entreprise vraiment pas comme les autres.
Dire au revoir, lâcher prise, personne nous l'apprend. Et pourtant nous y sommes tous confrontés un jour.
Pourquoi mourir triste et se faire enterrer ou incinérer dans une boîte anonyme, sans âme et de surcroît polluante? La jeune entreprise belge Alveus propose des cercueils originaux, personnalisé et en même temps écologiques. "On va tous y passer un jour. Alors autant s'y préparer un minimum et partir dans un cercueil qui soit en adéquation avec notre personnalité ou celle de nos proches... De prendre le temps de réaliser ce qui s'est passé, le temps de faire le bon choix, personnel et juste". C'est cette philosophie qui guide Claudine De Coster. Parlons-en ...
 
Waterloo-Way - 01. Pouvez-nous parler un peu de votre parcours professionnel ?
Claudine De Coster - Mon parcours professionnel est "bien rempli", càd que j’ai exercé beaucoup de missions différentes. J’ai souvent changé de travail car j’ai saisi chaque opportunité pour apprendre, pour évoluer, pour acquérir de l’expérience dans plusieurs domaines et secteurs aussi. Durant les premières années, j’ai travaillé dans la pub, la musique et la production audiovisuelle. Je me suis rendue compte que j’aimais changer de travail. C'est la raison pour laquelle, j'ai pris un statut d’indépendante me permettant d’accomplir des missions très variées et ponctuelles. Les fonctions étaient souvent d’ordre administratif, comme management assistant ou office manager, mais j’ai également travaillé dans la billetterie d’une salle de spectacle ou encore comme assistante au service des Ressources Humaines.
 
Waterloo-Way - 02. Que signifie ALVEUS ? Claudine De Coster - "Lit de rivière" en latin.
 

Waterloo-Way - 03. Quel fut le déclic qui vous a entraîné à ouvrir votre propre enseigne, ALVEUS, une PME qui distribue des cercueils écologiques et personnalisés? D’où est venue l’idée de vous pencher sur tout ce qui touche au domaine de la fin de l’existence humaine, de la mort ? Comment est né le projet ?

ALVEUS IMAGE 1.jpg
 
Claudine De Coster - D’avril 2008 à mars 2010, j’ai travaillé pour Eupora, une société qui épaule les sociétés pour développer leur politique de bien-être au travail. Un travail passionnant durant lequel mon intérêt pour le psycho-social a été éveillé. Surtout le domaine de la perte et du deuil m’intéressait énormément et j’ai voulu y apporter mon petit grain de sel en développant ce projet.

Ayant perdu mon papa brusquement à l’âge de 25 ans, mon approche de la mort a toujours été très lucide et je pense qu’il est très important de pouvoir accepter que la mort fait entièrement partie de la vie. En autorisant la mort dans notre quotidien, on peut approcher le dernier voyage d’une façon plus sereine, on peut en parler plus librement et briser ce tabou. Voilà le message que j’aimerais faire passer. J’ai trouvé qu’il était grand temps aussi de montrer que les funérailles ne doivent pas seulement être tristes et solennelles. Les obsèques peuvent être tendres et réconfortantes grâce à une contribution chaleureuse et plus personnelle des proches comme un cercueil reflétant la personnalité du défunt ou encore décoré par les enfants.

Ma conviction "verte" a fait en sorte que ces cercueils et urnes sont écologiques, fabriqués de bois non-traité ou de matériaux à 100% biodégradables, finition naturelle … L'offre actuelle de cercueils reste très traditionnelle et restreinte, alors que le choix d'un cercueil "approprié" peut être très réconfortant. C’est donc en avril 2010 que j’ai lancé sur le marché belge une gamme de cercueils uniques, autres et écologiques en espérant ainsi aider les gens à vivre la perte d’un être cher d’une autre façon.

ALVEUS IMAGE 7.jpg
 
Waterloo-Way - 04. Y’a t’il eu des rencontres marquantes ou des livres sur votre parcours de vie qui vous ont aidés à pousser plus loin la réflexion sur ce sujet tabou, sur vous-même et sur les autres ?
Claudine De Coster - Pas spécialement des rencontres ou des livres mais plutôt la disparition d’amis, de proches, …
 
ALVEUS IMAGE 2.jpg
 
Waterloo-Way - 05. Avez-vous reçu une formation en la matière ?
Claudine De Coster - Non, aucune, mais mon parcours personnel m’a beaucoup aidé.
 
Waterloo-Way - 06. Quelle est la dimension que vous aimez le plus dans votre métier actuel?
Claudine De Coster - Ressentir parfois ce sentiment de pouvoir faire bouger les choses, de pouvoir apporter une certaine légèreté à un sujet très lourd, de pouvoir aider certaines personnes dans leur processus de deuil douloureux, de signifier un tout petit quelque chose.
 
ALVEUS IMAGE 4.jpg
 
Waterloo-Way - 07. Il s’agit aussi d’exercer une véritable passion et non pas uniquement de lancer un nouveau concept au niveau business. Les deux sont compatibles. La passion alimente le business et vice versa. Expliquez-nous concrètement.
Claudine De Coster - Selon moi, la passion est indispensable quand on lance un nouveau projet et dans mon cas la passion prend même le dessus sur le business. J’ai un peu du mal de penser en termes de business bien que ce soit mon gagne-pain.
 
Waterloo-Way - 08. A quoi accordez-vous le plus d’importance dans votre travail ?
Claudine De Coster - Je trouve important que tout soit "juste", cohérent, que j’aie une communication très ouverte et humaine avec mes fournisseurs et clients. C’est très agréable de rencontrer des gens qui sont sur la même longueur d’ondes, qui ont les mêmes objectifs et avec qui on peut construire quelque chose.
 
Waterloo-Way - 09. Pourquoi la mort est-elle encore un sujet tabou à l’heure actuelle ? Tabou dans le sens où on n’en parle pas facilement entre amis, autour d’un bon repas. Ce sont plutôt des choses que l’on murmure, que l’on confie. En avons-nous peur ?
Claudine De Coster - Absolument. La peur de l’inconnu, le grand inconnu sur lequel on n’en saura jamais plus. Ca ne fait pas partie de notre culture de "célébrer" la mort, nous ne sommes pas préparés à dire au revoir, on préfère donc la repousser, ne pas trop y réfléchir ou y penser. Alors que, comme je l'ai évoqué précédemment, la mort fait inéluctablement partie de la vie. Il faut avouer qu’il n’est pas facile de faire ses adieux aux personnes qu’on aime, mais c’est pour cela aussi qu’il faut vivre pleinement chaque jour qui nous est offert…
 
Waterloo-Way - 10. Comment les professionnels de la région (ceux issus du monde médical) ou plus largement, les gens en général, ont-ils réagi à l’ouverture de ce nouveau concept ? Quel en a été l’impact ? Comment les gens réagissent quand ils ont rencontre ALVEUS sur ‘leur chemin’ pour la première fois?
Claudine De Coster - Très difficile de déjà faire un bilan au niveau de l’impact, car une période de 6 mois est un peu courte, mais les réactions sont souvent très positives : "Ah enfin, un beau cercueil" ou "Quelle bonne idée, il était temps!" ou encore "C’est osé, mais pourquoi pas ?". Certains ont été très surpris de me voir me lancer dans quelque chose d’aussi "peu réjouissant". Les professionnels rencontrés sont aussi très enthousiastes bien qu’ils me mettent en garde qu’il ne sera pas facile de faire changer les mentalités (très conservatrices), mais ils sont convaincus qu’il y a de l’intérêt pour un autre type de cercueil. Il suffira de le faire connaître.
 
ALVEUS IMAGE 5.jpg

Waterloo-Way - 11. Comment peut-on résumer la vocation de la PME ALVEUS? Autrement dit, quels sont ses objectifs ?
Claudine De Coster - Briser le tabou autour de la mort, apporter de la légèreté et une ouverture d’esprit dans tout ce qu'entoure la mort, afin de rendre tout cela moins lourd et plus discutable. Encourager les gens à approcher la mort d’une autre façon, à l’apprivoiser, leur apprendre à en parler tout simplement et de ne pas avoir peur de leur chagrin, ni de celui de l’autre.
 

ALVEUS IMAGE 6.jpg

Waterloo-Way - 12. Quelle est sa singularité? Quelle est votre approche professionnelle ou humaine ? Le ‘petit plus’ que les autres n’ont pas.
Claudine De Coster - Les principes sont aussi bien humains qu’écologiques : d’un côté, j’espère pouvoir contribuer au bien-être de chacun, libérer les gens d’un poids, d’une angoisse pour cet inconnu. D’autre part, je veux contribuer au bien-être de notre planète en proposant une gamme écologique et/ou biodégradable. Ce qui est super, c’est que ces cercueils et urnes, qui ont un impact très réduit au niveau écologique, sont en plus originaux et uniques. Ils permettent aux membres de la famille d’avoir une approche beaucoup plus personnelle et de vivre les funérailles de leur proche d’une toute autre façon. Et puis Alveus a été créée par une femme, qui espère apporter un peu de couleur dans ce monde funéraire un peu sombre.
 
ALVEUS IMAGE 8.jpg

 
Waterloo-Way - 13. Je pense que vous ne vous arrêterez pas à la distribution de cercueils hors du commun (importés des Pays-Bas) et que vous allez développer autre chose de plus 'large' ou holistique si on peut dire les choses ainsi. Pouvez-vous nous en dire davantage ?
Claudine De Coster
- Faire connaître une gamme de cercueils plus étendue et plus personnelle est, en effet, une première étape d’un projet plus holistique. Ces cercueils devraient encourager et inciter les gens à être beaucoup plus impliqué dans l’organisation des funérailles. Il est important que la famille puisse s’exprimer et choisir la façon dont les funérailles se déroulent (libre choix du lieu pour la cérémonie, création des faire-parts, choix des textes et musiques, alternative au corbillard, inhumation au cimetière forestier, …). C’est important dans le processus de deuil. Il est très important que les proches du défunt n’aient aucun regret par après.
 
ALVEUS IMAGE 9.jpg

Waterloo-Way - 14. Est-ce facile de convaincre la plupart des gens à l’heure actuelle? De les faire intéresser et intégrer à vos projets? Si oui, comment vous vous y prenez?

Claudine De Coster - Ce n’est pas facile de les convaincre, car il s’agit quand même d’un produit très particulier. Les tendances sont encore toujours très traditionnelles. En même temps, je ne cherche pas à convaincre, mais je veux surtout toucher/joindre les gens qui, comme moi, sont à la recherche d’autre chose. Et pour cela, j’essaie d’en parler un maximum autour de moi, d’assister à des conférences, de donner des conférences et de rencontrer des gens avec les mêmes idées et réflexions.

ALVEUS IMAGE 10.jpg
Source : Le Jour - L'Avenir - Huy - Waremme - 14 mai 2010 (Jean-Louis Tasiaux)

Waterloo-Way - 15. Avez-vous reçu des soutiens ou des encouragements de part et d’autres, d’organisations communales ou sociales ?
Claudine De Coster - J’ai été approchée par la Région Wallonne qui est ravie de découvrir du renouveau dans le secteur; ils ont été très encourageants.

ALVEUS IMAGE 11.jpg

 

Waterloo-Way - 16. Quel est le message que vous avez envie de  transmettre à travers cet interview ?

Claudine De Coster - Prenez le temps de réfléchir à votre dernier voyage et parlez-en à vous proches, n’ayez pas peur. Ils seront peut-être même soulagés, ça leur fera peut-être du bien aussi de pouvoir en parler. Ne craignez pas la mort, approchez-la avec légèreté.

Waterloo-Way - 17. Si vous aviez une devise, laquelle serait-ce ?
Claudine De Coster - Le bonheur n’est pas une destination, c’est un voyage, celui de notre vie …

ALVEUS IMAGE 12.jpg


Waterloo-Way - 18. Question de … terminer en légèreté. Votre site internet de prédilection ?
Claudine De Coster - Le site d’un quotidien néerlandophone www.demorgen.be

Waterloo-Way - 19. A votre tour, pourriez-vous nous dire quelque chose de gentil sur le site Waterloo Way ?
Claudine De Coster
- J’ai lu dans la Presse que votre but est de "retrouver la chaleur de la convivialité de jadis". Je trouve que vous y arrivez très bien; Waterloo Way est une très belle initiative.

Waterloo-Way - 20. Quel est votre dernier coup de cœur ?
Claudine De Coster - Les bricolages Halloween de mes deux petits garçons.

Waterloo-Way - 21. Quel est votre dernier coup de gueule ?
Claudine De Coster - L’imprudence et l’agressivité dans la circulation routière.

Waterloo-Way - 22.  Par quoi avez-vous envie de terminer cette E-terview ?
Claudine De Coster - Merci beaucoup pour votre intérêt en Alveus, pour l’espace et le temps que vous consacrez à mon projet de vie !

Cliquez ici pour visiter sa page web sur Waterloo-Way ! 

Propos recueillis par Mary Gasparoly - 01 novembre 2010